Mythes et préjugés

Encore aujourd’hui, dans notre société, il existe encore beaucoup de mythe et préjugé concernant la violence conjugale. En voici quelques exemples:


 

La violence conjugale est une maladie.

La violence n’est pas une maladie. C’est un comportement choisi par la personne qui l’exerce pour dominer et contrôler l’autre.

L'usage de l'alcool ou de drogues sont des causes de la violence conjugale.

Aucune substance ou situation ne justifie un comportement violent. La véritable cause de la violence est le désir de contrôler une personne contre son gré.

Mon conjoint est gentil avec les autres, je dois bien faire quelque chose pour qu’il se fâche après moi.

Les hommes qui utilisent la violence envers leurs conjointes ne sont pas nécessairement des individus violents dans leurs relations sociales ou professionnelles.  L’agresseur s’en prend surtout à sa conjointe, à ses enfants ou à sa famille parce qu’il se sent légitimé de le faire.  La violence est le moyen choisi par l’agresseur pour exercer son contrôle et il n’y a rien que vous faites ou puissiez faire pour en être responsable.

L’homme n’est pas le seul responsable de sa violence.

Il est responsable à 100 % de ses comportements violents. Il va cependant chercher à rendre sa conjointe responsable de sa violence pour qu’elle ne le quitte pas et ne le dénonce pas. Personne ne cherche ou ne provoque la violence de l’autre. C’est son comportement et lui seul qui en est responsable. Personne ne mérite de subir de la violence.

Je ne dois pas briser la famille, je vais traumatiser les enfants.

La victime n’a pas à se sentir coupable de briser sa famille. Ce n’est pas le fait de briser la famille qui traumatise nécessairement les enfants, ils en sont les victimes. Vivre dans un contexte familial violent cause des traumatismes.

La violence conjugale est un problème d’ordre privé.

La violence conjugale est un problème d’ordre social important. Le fait de croire que la violence conjugale est privée condamne les victimes à rester sous l’emprise de leur agresseur et rend plus difficile l’intervention des autres; ce qui, par conséquent, perpétue la violence. Certains actes de violence sont de nature criminelle, qu’ils se passent à l’intérieur ou à l’extérieur du couple.

Je dois avoir un sérieux problème pour croire encore à ses promesses, le quitter et toujours revenir avec lui.

La violence conjugale se vit sous forme de cycle qui comprend une période de lune de miel. Lors de cette période, les femmes vivent beaucoup d’espoir et croit aux promesses de changement. C’est souvent pour ses raisons que les femmes retournent avec leur conjoint. Pour plus d’information, allez consulter la section violence.

La violence conjugale est causée par une « perte de contrôle ».
La violence conjugale ne résulte pas d’une perte de contrôle, mais constitue bien au contraire, un moyen choisi pour dominer sa conjointe et affirmer son pouvoir sur elle afin de prendre le contrôle.
Les femmes victimes de violence aiment cela, sinon elles ne resteraient pas.

Les femmes restent auprès de leur conjoint pour des raisons différentes et complexes:

  • Elles sont prises au piège dans le cycle de la violence;
  • Elles ont honte, se sentent coupables et vivent beaucoup d’impuissance;
  • Elles craignent d’être jugées et de ne pas être crues;
  • Elles croient qu’il peut changer, car il l’a promis;
  • Elles ont peur de ses menaces et peur pour les enfants;
  • Elles craignent des conséquences si elles devaient le quitter;
  • Elles ont peur de perdre ce qu’elles ont mis tant d’années à construire;
  • Elles croient ne pas pouvoir y arriver seules;
  • Elles se sentent responsables de  » briser  » la famille;
  • Elles ignorent les lois qui les protègent ou croient que les lois ne peuvent rien pour les protéger;
  • Elles aiment leurs conjoints, mais n’aiment pas leurs comportements violents.
La jalousie est une preuve d'amour.

Faux. Sentir que ton partenaire est jaloux, agacé parce que quelqu’un d’autre fait attention à toi, ça peut être agréable au début. Ça peut être aussi un moyen pour lui de montrer qu’il tient à toi. Mais les comportements jaloux ne sont pas une preuve d’amour. C’est plutôt une preuve que ton copain manque de confiance. Cela peut même devenir de la violence quand la jalousie se développe en comportements comme la possessivité, le contrôle des activités de l’autre, empêcher l’autre de voir ses amies, etc.

La violence cesse lorsqu'on met fin à la relation.

Faux. Après une rupture, la violence peut se manifester sous forme de menaces ou de harcèlement et les conséquences pourront devenir de plus en plus grandes.

On est moins responsable des actes de violence qu'on a faits, si on était sous l'effet de l'alcool ou de drogue à ce moment.

Faux. L’alcool n’est pas la cause de la violence, mais peut amener une personne qui a des comportements violents à les exprimer plus rapidement ou plus intensément. Il est important de ne pas associer la violence à la consommation d’alcool ou de drogue. De plus, la personne violente peut utiliser l’argument de sa consommation pour minimiser ses gestes. La personne violente est la seule responsable de ses actes et rien, comme l’alcool ou les drogues, ne peut l’excuser.

La violence ne cessera pas lorsque les jeunes vivront ensemble.

Vrai. Au contraire, elle peut même augmenter. La personne violente aura plus d’occasions de contrôler l’autre étant donné qu’ils seront davantage ensemble.

La violence, c'est perdre le contrôle.

Faux. La violence dans les relations amoureuses, c’est plutôt une façon de prendre le contrôle sur l’autre, et non une perte de contrôle.

Si j'aime vraiment mon chum, je suis supposée accepter d'avoir des relations sexuelles avec lui.

Faux. On ne fait pas l’amour juste pour faire plaisir à l’autre. Il faut se sentir prête et en avoir envie tous les deux. Si on refuse, cela ne veut pas dire qu’on aime pas l’autre.

Les filles qui continuent de fréquenter leur chum violent le font parce que, après tout, elles aiment la situation dans laquelle elles se trouvent.

Faux. Différentes raisons peuvent expliquer le fait qu’une fille reste dans une relation malgré la violence: la peur, le manque de confiance en soi, le manque de ressources. Il se peut aussi qu’elle continue d’aimer la partie de son amoureux qui est gentil et drôle… qu’elle pense qu’elle arrivera à le changer.

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